jeudi 24 mai 2012

LA CHEVRE ET LES TROIS BIQUETS

Il y avait une fois une chèvre qui avait trois petits biquets.
Le premier s'appelait ALULU, le second BOULULU et le troisième SAKARISARITANOU.

Un jour comme toutes les chèvres de toutes les histoires, elle décide d'aller au marché et elle dit à ses petits :

- Surtout n'ouvrez que lorsque vous entendrez ma voix vous dire :    "j'ai de l'herbe autour de mes cornes, j'ai de l'eau au creux de ma langue, j'ai du lait plein mes pis, ouvrez moi mes petits."

- Oui maman, a dit Alulu.
  
- Oui maman, a dit Boululu.

- Oui maman, a dit Sakarisaritanou.

Et elle est partie....

Mais il y en a toujours qui guettent.....

Le premier c'était le chacal. Il s'approche de la porte de la maison et frappe :

-Qu'est-ce qu'elle a dit déjà cette vieille biquette ???? Ah oui !! J'ai de l'eau autour de mes cornes, j'ai de l'herbe au creux de ma langue, j'ai du lait plein mes pieds ouvrez-moi mes biquets !!!

- Ah ce n'est pas notre maman, a dit Alulu.
- Ah non, a dit Boululu.
- Eh bien on ne t'ouvre pas, a dit Sakarisaritanou.

Et le chacal est reparti comme un piteux.....

Le deuxième, c'était le chien sauvage. Il s'approche de la porte, frappe :

- Ouvrez, ouvrez mes p'tits enfants, c'est moi, c'est moi votre maman, j'ai de l'eau autour de mes cornes et j'ai du bon lait plein mes pis, j'ai de l'herbe au creux de ma langue, ouvrez, ouvrez mes petits amis..... Oh oui !!!!

- Pas possible que ce soit notre maman a dit Alulu.
- Ah non, a dit Boululu.
- Tu peux rentrer chez toi, a dit Sakarisaritanou et il a ajouté : t'es NUL !!!!

Le troisième, c'était le loup (et il a tout dit comme la chèvre)

- C'est not' maman, a dit Alulu.
- Eh oui, a dit Boululu.
- On t'ouvre tout de suite, a clamé Sakarisaritanou.

Et ils ont ouvert, et le loup a fait GLOUP......Alulu, GLOUP.....Boululu, GLOUP..... Sakarisaritanou.

Quand la chèvre est arrivée et qu'elle a vu la porte ouverte, elle s'est doutée de quelque chose...Ils avaient disparu.

Elle est allée voir le chacal, elle a grimpé sur le toit de la maison et elle a crié :

- C'est toi qui a mangé mon Alulu, mon Boululu et mon Sakarisaritanou ???

- Mais non, a répondu le chacal, j'aurai bien voulu pourtant mais il ne m'ont pas ouvert.... Et toi arrête de taper sur le toit de ma maison, tu fais tomber des gravas dans le fricot !!

- Je vais aller voir le chien sauvage.

Elle a grimpé sur le toit de la maison et elle a crié :

- C'est toi qui a mangé mon Alulu, mon Boululu et mon Sakarisaritanou ????

- Arrête, arrête vieille biquette, arrête de faire tomber de la poussière dans mes assiettes. J'ai pas mangé tes trois biquets !!!! Oh Yééé !!!!

Elle est allée voir le loup.

- Loup, c'est toi qui a mangé mon Alulu, mon Boululu et mon Sakarisarirtanou ????

- Bien sûr que c'est moi et ils étaient bigrement bons....

- Et tu crois que cela va se passer ainsi ???? Demain sous le grand chêne, je te combattrai.

- Tu connais quand même l'histoire de la chèvre de monsieur Seguin ????

- Les chèvres ont vécu, elles sont libérées.

La chèvre est allée voir le forgeron :

- Affûte mes cornes, qu'elles deviennent aussi acérées que la lame d'un sabre, que je puisse combattre le loup. Je t'ai préparé une galette.

Le forgeron était gourmand, la galette était bonne, les cornes furent impeccablement affûtées.

Le loup qui n'a aucune idée, a fait la même chose.....mais..... il n'est pas pâtissier !!!! Eau, terre et bouse de vache !!!

Alors le forgeron (qui était gourmand) lui a limé les dents mais à plat, ce qui fait que le lendemain, il n'avait plus aucune dent dans la bouche.

Et ce fut un jeu d'enfant pour la chèvre que de l'ouvrir du gosier au pertuis !!!

Et elle a libéré Alulu, Boululu et Sakarisaritanou..... Et ils ont mangé une énorme galette !!!!

Et le loup, il est là étendu,  le ventre ouvert, les tripes au soleil, est-ce qu'on va le laisser ainsi ????

NON, car on en aura besoin pour d'autres histoires !!!! 

dimanche 15 avril 2012

LE LOUP BLANC


Il était une fois un homme qui avait trois filles. Un jour il leur dit qu'il allait faire un voyage.

- Que me rapporteras-tu ? demanda l'aînée.

- Ce que tu voudras.

- Eh bien ! Rapporte-moi une belle robe !

- Et toi, que veux tu ? demanda le père à la cadette.

- Je voudrais aussi une robe.

- Et toi, mon enfant ? dit-il à la plus jeune, celle des trois qu'il aimait le mieux.

- Je ne désire rien. Répondit-elle.

- Comment, rien !

- Non, mon père, rien.

- Je dois rapporter quelque chose à tes soeurs, je ne veux pas que tu sois la seule qui n'ait rien.

- Eh bien......je voudrais avoir...... la rose qui parle.

- La rose qui parle ? s'écria le père. Où pourrai-je la trouver ?

- Si tu dois me rapporter quelque chose... c'est cette rose que je veux ; ne reviens pas sans l'avoir.

Le père se mit en route. Il n'eut pas de peine à se procurer de belles robes pour ses filles aînées; mais, partout où il s'informa de la rose qui parle, on lui dit qu'il voulait rire et qu'il n'y avait au monde rien de semblable.

- Pourtant, disait le père, si cette rose n'existait pas, comment ma fille me l'aurait demandée ?

Enfin il arriva un jour devant un beau château, d'où sortait un murmure de voix ; il prêta l'oreille et entendit qu'on parlait et qu'on chantait. Après avoir fait plusieurs fois le tour du château sans en trouver l'entrée, il finit par découvrir une porte et entra dans la cour au milieu de laquelle était un rosier couvert de roses ; c'étaient ces roses qu'il avait entendues parler et chanter.

- Enfin, dit-il, j'ai donc trouvé la rose qui parle !

Et il s'empressa de cueillir une des roses.

Aussitôt un loup blanc s'élança sur lui en criant :

- Qui t'a permis d'entrer dans mon château et de cueillir mes roses ? Tu seras puni de mort : tous ceux qui pénètrent ici doivent mourir.

- Laissez-moi partir, dit le pauvre homme, je vais vous rendre la rose qui parle.

-Non, dit le loup, tu mourras.

-Hélas, dit l'homme, que je suis malheureux ! Ma fille me demande de lui rapporter la rose qui parle, et, quand enfin je l'ai trouvée, il faut mourir !

- Ecoute, reprit le loup blanc, je te fais grâce, et, de plus, je te permets de garder la rose, mais à une condition : c'est que tu m'amèneras la première personne que tu rencontreras chez toi.

Le pauvre homme le promit et reprit le chemin de son pays. La première personne qu'il vit en rentrant chez lui, ce fut sa plus jeune fille.

- Ah ! Ma fille, dit-il, quel triste voyage !

- Est-ce que vous n'avez pas trouvé la rose qui parle ? lui demanda-t-elle.

- Je l'ai trouvée, mais pour mon malheur. C'est dans le château d'un loup blanc que je l'ai cueillie. Il faut que je meure.

- Non ! dit-elle. Je ne veux pas que vous mouriez. Je mourrai plutôt pour vous.

Et elle lui répéta tant et tant de fois qu'enfin il lui dit :

- Eh bien ! ma fille, apprends ce que je voulais te cacher. J'ai promis au loup blanc de lui amener la première personne que je rencontrerais en rentrant dans ma maison. C'est à cette condition qu'il m'a laissé la vie.

- Mon père, dit-elle, je suis prête à partir.

Le père prit donc avec elle le chemin du château. Après plusieurs jours de marche, ils y arrivèrent sur le soir, et le loup blanc ne tarda pas à apparaître. L'homme lui dit :

- Voici la personne que j'ai rencontré la première en rentrant chez moi. C'est ma fille, celle qui avait demandé la rose qui parle.

- Je ne vous ferai point de mal, dit le loup blanc ; mais il faut que vous ne disiez à personne rien de ce que vous aurez vu ou entendu. Ce château appartient à des fées ; nous tous qui y habitons sommes enchantés ; moi, je suis condamné à être un loup blanc pendant le jour. Si vous gardez le secret vous vous en trouverez bien.

La jeune fille et le père entrèrent dans une chambre où un bon repas était servi ; ils se mirent à table, et bientôt, la nuit étant venue, ils virent entrer un beau seigneur : c'était le même qui s'était montré sous la forme du loup blanc.

- Vous voyez, leur dit-il, ce qui est écrit sur cette table ? Ici on ne parle pas.

Ils promirent encore une fois tous les deux de ne rien dire. La jeune fille s'était retirée depuis quelques temps dans sa chambre, lorsqu'elle vit entrer le beau seigneur. Elle fut bien effrayée et poussa de grands cris. Il la rassura et lui dit que, si elle suivait ses recommandations, il l'épouserait, qu'elle serait reine et que le château lui appartiendrait. Le lendemain il reprit la forme du loup blanc, et la pauvre enfant pleurait en entendant ses hurlements.

Après avoir encore passé la nuit suivante au château, le père s'en retourna chez lui. La jeune fille resta au château et ne tarda pas à s'y plaire : elle y trouvait tout ce qu'elle pouvait désirer ; elle entendait tous les jours des concerts de musique ; rien n'était oublié pour la divertir.

Cependant sa mère et ses soeurs étaient dans une grande inquiétude. Elles se disaient :

- Où est notre pauvre enfant ?

- Où est notre soeur ?

Le père, à son retour, ne voulut d'abord rien dire de ce qui s'était passé ; à la fin pourtant il céda à leurs instances et leur apprit où il avait laissé sa fille.

L'une des deux aînées se rendit auprès de sa soeur et lui demanda ce qui lui était arrivé. La jeune fille résista longtemps ; mais sa soeur la pressa tant, qu'elle lui révéla son secret.

Aussitôt on entendit des hurlements affreux. La jeune fille se leva, épouvantée. A peine était-elle sortie, que le loup blanc vint mourir à ses pieds. Elle comprit alors sa faute ; mais il était trop tard, et elle fut malheureuse tout le restant de sa vie.


mardi 27 décembre 2011

GALETTE HABILLEE D'OR



Ronde galette

Habillée d'or

Ronde galette

Tu caches encore

Entre tes miettes

Un vrai trésor.



Papier de soie

Secret de Roi

Papier d'étrennes

Baiser de Reine

Fève d'un jour

Et de toujours


dimanche 14 août 2011

AVOIR ET ÊTRE

Loin des vieux livres de grammaire
Ecoutez comment un beau soir
Ma mère m'enseigna les mystères........
Du verbe être et du verbe avoir.

Parmi mes meilleurs auxiliaires,
Il est deux verbes originaux.
Avoir et Être étaient deux frères
Que j'ai connu dès le berceau.

Bien qu'opposés de caractère,
On pouvait les croire jumeaux,
Tant leur histoire est singulière.
Mais ces deux frères étaient rivaux.

Ce qu' Avoir aurait voulu être,
Être voulait toujours l' avoir.
A ne vouloir ni dieu ni maître,
Le verbe Être s'est fait avoir.

Son frère Avoir était en banque
Et faisait un grand numéro
Alors qu' Être, toujours en manque
Souffrait beaucoup en son égo.

Pendant qu' Être apprenait à lire,
Il faisait ses humanités
De son côté sans rien lui dire
Avoir apprenait à compter.

Et il amassait des fortunes
En avoirs, en liquidités,
Pendant qu' Être, un peu dans la lune
S'était laisser déposséder.

Avoir était ostentatoire
Lorsqu'il se montrait généreux.
Être en revanche, et c'est notoire,
Est bien souvent présomptueux.

Avoir voyage en classe Affaires.
Il met tous ses titres à l'abri.
Alors qu' Être, est plus débonnaire,
Il ne gardera rien pour lui.

Sa richesse est toute intérieure
Ce sont les choses de l'esprit.
Le verbe Être est tout en pudeur
Et sa noblesse est à ce prix.

Un jour à force de chimères
Pour parvenir à un accord,
Entre verbes ça peut se faire,
Ils conjuguèrent leurs efforts

Et pour ne pas perdre la face
Au milieu des mots rassemblés,
Ils se sont répartis les tâches
Pour enfin se réconcilier.

Le verbe Avoir a besoin d'Être
Parce qu'être c'est exister.
Le verbe Être a besoin d' Avoir
Pour enrichir ses bons côtés.

Et de palabres interminables
En arguties alambiquées,
Nos deux frères inséparables
Ont pu être et avoir été.



jeudi 9 juin 2011

MADEMOISELLE SCARABEE

Ce matin là, mademoiselle scarabée s'est levée, elle a fait sa toilette, elle s'est coiffée, elle s'est maquillée, elle s'est pomponnée..... Elle s'est habillée avec une jupe blanche , un corsage rouge et..... un très joli chapeau. Elle est sortie dans la rue, s'est assise sur un banc et..... elle a attendu.

Vient à passer monsieur Cheval

- Oh bonjour mademoiselle scarabée, comme vous êtes en beauté ce matin !!

- Ben oui !! Je me suis coiffée, je me suis maquillée, je me suis pomponnée car je cherche un mari !!

-Oh, ça tombe bien, moi, je cherche une femme !! veux-tu m'épouser ??

- Minute, est-ce-que tu sais chanter ???

Et mademoiselle scarabée se met à chanter :

Si tu m'épouses comme tu le veux,
Tu seras tout ce qu'il y a d'heureux
Tu chanteras, tu danseras,
Chante donc un peu devant moi, que j'entende le son de ta voix

- Hiiiiiiiiii Brrrrrrrrrr (ça c'est monsieur Cheval qui chante !!!)

- Mais ce n'est pas possible, tu chantes faux et puis, tu cries trop fort.... Va-t-en !!

Et monsieur Cheval s'en va........ en pleurant !

Vient à passer monsieur Chien

- Bonjour mademoiselle Scarabée,....... comme t'ies belle ce matin !!!

- Ben oui !!! je me suis coiffée, je me suis maquillée, je me suis pomponnée car je cherche un mari !

- Aïe, Aïe, Aïe ma mère !! Comme ça tombe bien !! Moi aussi je cherche à me marier... Tu veux devenir ma femme ????

- Minute !! Est-ce-que tu sais chanter ???

-Ouououououou.... Ouah ouah !! (c'est monsieur Chien qui...... chante !!)

- Mais quelle horreur !! C'est encore pire que l'autre ! Dégage, je ne veux plus te voir !!

Et le chien s'en va...... la queue entre les pattes

Vient à passer monsieur Chat

- Bonjour mademoiselle Scarabée, comme tu es belle et gentille et comme tu sens bon !!

- Ben oui !! Je me suis coiffée, je me suis maquillée et je me suis pomponnée car je cherche un mari !!

- Rrrou !! ça tombe au poil ! moi , je cherche une meuf.... Veux-tu m'épouser ??

-Minute ! Est-ce-que tu sais chanter ??

- Maaaaaaouuuuuuu !!! ( ça c'est monsieur chat..... vous avez deviné ????)

- Ooooh !! Mes oreilles !! C'est pire que tout ! Tu peux plier bagages !! Bouge de là !!

Et le chat s'en va..... Les oreilles rabattues et le poil hérissé.

Vient à passer monsieur Scarabée

- Oh bonjour mademoiselle Scarabée , vous êtes magnifique ce matin ! Une vraie bombe !!

- Je sais !! Je me suis coiffée, je me suis maquillée, je me suis pomponnée car je cherche à me marier !!

- Oh moi aussi ! Veux-tu m'épouser ????

- Minute ! Est-ce-que tu sais chanter ????

- Ben non ! Je chante pas !!

- ça c'est ennuyeux! Alors ? que sais-tu faire dans la vie ??

- Heu.... Je peux pas dire...

- Mais pourquoi ? Si on se marie, il faudra que je sache tout de toi !!

- Hé bien..... je fais des boulettes de caca !

-
QUOI ???

- JE FAIS DES BOULETTES DE CACA !!

- Mais..... Moi aussi je fais des boulettes de caca, nous sommes faits l'un pour l'autre.... tu es celui qu'il me faut !!

Et mademoiselle Scarabée se met à chanter

Tu m'feras des boulettes de caca
Que tu pousseras jusque chez moi !
Tu m'feras des boulettes de caca
Parce que j'adore ça !!
Les boulettes c'est bon, les boulettes c'est bon.....
C'est bon, bon , bon ....

Et c'est ainsi, que mademoiselle Scarabée à trouvé un mari !!!




jeudi 19 mai 2011

LA STREGA NONA

Dans un petit village d'Italie vivait la "Strega nona"....

Strega nona cela veut dire "grand-mère sorcière"

On l'aimait bien et on venait de tout le pays pour la consulter !

OUI ! et tout ça à cause de ses pouvoirs !

On voulait se débarrasser de verrues encombrantes et disgracieuses ? Elle concoctait un onguent et déclarait :

- Verrues, verrues hors de ma vue, je n'en veux plus !

Et les verrues disparaissaient.

Une jeune fille voulait trouver un mari ? Un peu de laurier, un peu de sorbier, le tout sous l'oreiller et..... Voilà le fiancé !!!

Vous souffriez de migraines ? Il suffisait qu'elle vous fasse respirer une fumigation, une décoction..

- Migraine, migraine, j'ai mal et je me traîne, ma tête est à la peine, fuis mon corps et mes veines....

Et la migraine s'en allait !

Oui, on l'aimait bien la Strega nona ! Mais elle était vieille et très fatiguée tant elle était sollicitée.... Alors elle a décidé de prendre quelqu'un pour l'aider. Elle a passé une petite annonce dans le journal du coin : La gazetta del popolo, et c'est le grand Antoine qui s'est présenté ....

Oh le grand Antoine, l'était bien brave, mais pas très malin ! Pour ce qu'il y avait à faire cela suffirait : un peu de ménage, traire la chèvre, désherber le jardin, cueillir les légumes....

Marché conclu !!!

Mais le grand Antoine, il était intrigué par le chaudron de la Srega nona... Tous les midis, elle se mettait devant lui et chantait :

- Des pâtes, des pâtes , oui mais des spaghettis

Et le chaudron cuisait les pâtes "al dente" juste comme il fallait

C'était un chaudron magique !!!!

Et quand il y en avait assez, la Strega nona chantait :

- Des pâtes, des pâtes, maintenant c'est fini !!!

Magique je vous dis oui !!! Magique !!!!

Mais, ce que le grand Antoine ne voyait jamais, c'étaient les trois petits bisous que la sorcière donnait affectueusement à son chaudron pour qu'il s'arrête.

Un jour, Strega nona est partie voir son amie Strega Amélia, au village voisin....

- Antoine, tu vas surveiller la maison, faire ton travail, mais surtout, souviens-toi qu'il est interdit de te servir du chaudron !!!

Et elle est partie....

A peine a-t-elle eu le dos tourné que le grand Antoine a invité tout le village à manger des spaghettis....

- Des pâtes, des pâtes, oui mais des spaghettis (ça, c'est Antoine, ce grand niais)

Tous les habitants se sont régalés, puis rassasiés sont rentrés chez eux....

- Des pâtes, des pâtes, maintenant c'est fini !! (ça c'est toujours le grand Antoine)

Mais, pas de petits bisous, le chaudron ne s'arrête pas de produire... sous le regard affolé du garçon.... les pâtes envahissent la pièce, puis descendent les marches de l'escalier qui mène à la rue, qui se transforme en un fleuve gluant de spaghettis.... Les habitants montent des barricades, mais les pâtes s'insinuent partout, dans les caniveaux, dans les maisons, dans les voitures et même ...... dans les téléphones portables et les ordinateurs !!!

Strega nona arrive, voit l'étendue des dégâts, va donner les trois petits bisous à son chaudron magique qui s'arrête, exténué !!!

Puis, elle se tourne vers le grand Antoine... Il faut le punir... Vous êtes d'accord ????

Elle lui tend une énorme fourchette en bois....

- Tu ne m'as pas écoutée..... Eh bien maintenant..... MANGE !!!

Il paraît qu'il mange encore !!!!





lundi 25 avril 2011

LA CLOCHE RÊVEUSE


Un jour, au retour de Rome, une cloche batifole. Là, elle fait un brin de causette avec les nuages.

- Qu'est-ce qui rend vos formes si diverses, si changeantes ? Qu'est-ce qui vous rend si rose ou si gris par moment ? Je vous en prie, répondez-moi avant que je n'aille de nouveau m'enfermer dans le banal clocher d'où je viens.

Elle pleurniche, espérant s'attirer leur bonne grâce.

- Un seul voyage par an, c'est bien peu pour un être de ma qualité. Imaginez ma solitude quotidienne. Donnez-moi donc votre recette pour changer comme vous le faites.

Elle s'extasie :

- Oh, on dirait un paon, un éléphant, un ours debout sur ses pattes. Quel spectacle ! Vous êtes géniaux !

Un peu de flatterie produit parfois des résultats étonnants, n'est-il pas vrai ? Mais les nuages demeurent muets. Ils se contentent de suivre leur petit bonhomme de chemin sans se soucier d'elle. Faute de résultat avec les nuages, elle s'arrête pour contempler les oiseaux, les forêts, les cours d'eau. Elle rit du vol d'un oiseau retardataire. Elle s'amuse à voir se cacher puis réapparaître un ruisseau parmi les herbes folles. Elle descend pour mieux observer les fleurs, les animaux gambadants dans les bois, les poissons nageant dans les étangs. Ceci ralentit sa progression. Jamais, elle ne sera rentrée pour Pâques. Quand, enfin elle reprend conscience de sa tâche, il est trop tard. Elle a beau s'appliquer, elle manque d'énergie. Il faut dire qu'elle est plus que remplie d'oeufs et de sujets en chocolat. La voilà qui s'affole. Plus elle panique, moins elle trouve la force d'avancer.

Passe alors, un grand oiseau qui paraît glisser avec une telle facilité qu'elle se met à l'envier. Elle parle, tout bas pour elle-même, mais il l'entend geindre :

- Il me faudrait un peu de la puissance de cet oiseau. Qu'est-ce que je ne donnerais pas pour qu'il m'emmène secrètement avec lui jusqu'à mon clocher.

Alors, lui qui sous ses grands airs de seigneur dissimule une faiblesse appelée gourmandise, n'est pas prêt à laisser passer l'aubaine. Il fait demi-tour, tournoie autour d'elle, plonge, remonte. Il se laisse admirer, envier puis, mine de rien propose :

- Puis-je vous aider, ma chère, vous me paraissez tellement fatiguée ?

Elle se laisse convaincre sans effort. Bientôt la voilà agrippée, voyageant à une vitesse indescriptible. La voilà proche du but, mais l'oiseau se pose avec elle, la renverse sur la prairie proche de l'église. En quelques coups de bec, il vole tout son chargement qu'il camoufle comme il peut entre ses ailes et qu'il prend dans ses serres. En quelques secondes, elle est dépouillée de son bien par ce détrousseur des airs.

- Merci pour ces friandises. Chaque travail mérite salaire, n'est-ce-pas ?

Sur ces mots, l'oiseau la quitte. Elle l'entend se moquer, ricaner, glousser. Elle gémit. L'heure est aux regrets, au repentir. Tant bien que mal, elle se redresse et rejoint son petit clocher banal. Par sa faute, les enfants du village seront privés de chocolat. Elle s'examine avec le plus grand soin. Plus le moindre copeau de chocolat, plus le moindre oeuf, le moindre sujet. Elle pleure et ses pleurs parviennent jusqu'aux cieux.

- J'ai honte. Je suis furieuse. Comment oserais-je encore sonner ? J'en veux à ces nuages, ces paysages verdoyants et surtout à cet oiseau de malheur. Maudits soient-ils tous et maudit soit le chocolat !

A peine a-t-elle parlé ainsi, que la voici transformée tout entière en chocolat. Le matin de Pâques, se répand par tout le village une délicieuse odeur. Pourtant, les jardins sont vierges des sujets qui les décorent habituellement, ce matin là. Avant la messe, impossible au sacristain de tinter la cloche. Le pauvre homme est désappointé. Il va aller voir là-haut, mais au plus il s'approche, au plus il est écoeuré par l'odeur.. Le sens du devoir étant le plus fort, il progresse en dépit des hauts de coeur. Enfin, il aperçoit la cloche fautive, immense, brillante, brune, décorée d'une sorte de pictogramme. Il court se confier à son curé.

- Il n'y a plus qu'à la casser,à la partager entre tous les habitants du village, estime le curé.

Ce qui est dit, est fait. Il faut même avoir recours au bûcheron pour avoir raison de la cloche. Le curé est bien désappointé de se trouver sans cloche, mais les enfants sont ravis. Jamais il n'y a eu autant de chocolat pour un jour de Pâques. Jamais le chocolat n'a eu un arôme à la fois si doux et si puissant. Longtemps des effluves de chocolat restèrent présentes dans tout le village. Les jours qui suivirent, on vint de tous les environs pour flairer et pour déguster.

Quelques jours plus tard, tous les villageois s'unirent pour rassembler les fonds nécessaires à l'achat d'une nouvelle cloche. Il faut dire que la vente des surplus de chocolat aux étrangers alimenta pour beaucoup la collecte. Ainsi fut remplacée l'inconsciente. On ne s'explique pas ce qui était arrivé. On évita tout commentaire.
Les années suivantes, la nouvelle cloche remplit son rôle à la perfection.